Adoleschiante

Adoleschiante
Résumé : Gaëlle a dix-huit ans et est toujours au lycée à cause de ses résultats et remarques sur son comportement qui font vivre un enfer à ses parents. Tout le monde la trouve odieuse, insociable. Mais Gaëlle a toujours le mot à tout, que ça plaise ou non. Gaëlle semble satisfaite d'elle et jamais contente de son monde mais un garçon de sa classe l'intrigue peu à peu. Comparé aux autres qui la méprisent et la fuient, lui, semble indifférent à sa personnalité de « démon. » Soit il se fait tendre, soit il la provoque en se moquant d'elle, comme s'il jouait avec elle. Fâchée que quelqu'un ose lui tenir tête, elle va tout faire pour lui pourrir la vie.


Voici mes autres blogs avec d'autres histoires :





# Posté le mercredi 08 avril 2009 10:25

Modifié le vendredi 18 septembre 2009 15:16

Chapitre 1

Chapitre 1
Il s'était approché derrière moi sans que je m'en aperçoive et s'était collé tout contre moi, m'entourant de ses bras. J'étais encerclée, il avait sans doute peur que je ne m'échappe.
« Non, désolée chéri mais je préfère rester, j'ai trop envie de connaître la suite ! » Je me suis mise à trembler, il s'est mis à me serrer plus fermement. J'ai ris, il a desserré son étreinte. Qu'est-ce qu'il voulait ? Je m'en moquais, je préférais en profiter, il était si doux au toucher et, au moins, j'avais moins froid collée contre lui.
- Ca fait longtemps que j'attends que tu sois seule pour pouvoir faire ça...
- Et moi ça fait longtemps que j'attends que tu te jettes à l'eau ! Riais-je de son jeu mystérieux. Sinon, à part ça, tu es qui ?
Un silence s'interposa entre moi et ce nouveau venu pas si désagréable. Je sentais qu'il était mal à l'aise, il n'osait plus me serrer aussi fermement. Au contraire, il lâcha prise. J'étais à la merci du froid d'hiver. Je me suis retournée pour voir à quoi il ressemblait. J'eus l'horrible surprise de réaliser qu'il s'agissait du grand brun que je détestais et que je ne cessais de fuir.
- C'est toi ? M'exclamais-je, déçue de comprendre que j'avais encore pensé à cet imaginaire de prince charmant. J'étais vraiment idiote à ce moment là.
- Ça te gêne ? Demanda-t-il, très probablement déçu de ma réaction.
- Et pas qu'un peu ! Qu'est-ce que tu fiches là ?
Ce mec, je le connaissais depuis mon entrée au collège. Il était la définition parfaite du mot bizarre, en particulier avec les filles. Il n'était pas moche, au contraire il était plutôt mignon et connaissait même le succès auprès des plus belles et des plus populaires filles du lycée. D'ailleurs, j'ai jamais compris comment il faisait pour les éviter et les rejeter alors qu'elles espéraient toutes qu'il veuille bien un jour sortir avec l'une d'entre elles. Moi j'étais l'inverse, du moins pour les autres. Mais j'aimais penser que j'étais tout de même avantagée par mon optimisme incassable qui me permettait de profiter de la vie dès que j'en avais l'occasion et donc de m'amuser comme une folle. Oui, pour le monde qui m'entourait, j'étais une folle, du moins on me considérait comme une sale gamine qui ne grandissait jamais. Je n'y ai jamais vu le moindre inconvénient. Je restais jeune et jamais je ne pleurais ou alors moins souvent que n'importe qui. Aussi, je savais que ce qui ne nous tuait pas nous rendait plus fort ! Si c'était vraiment le cas, j'étais invincible ! Mais revenons-en à notre cher ami, l'incruste mal aimé de ma vie.
Il semblait ne plus savoir quoi répondre. C'était mignon, je devais le reconnaître, mais il me donnait surtout l'envie de rire. D'ailleurs, il devait l'avoir compris.
- Je ne faisais que passer, mais apparemment j'aurai mieux fait de continuer mon chemin. Fit-il, fâché.
« Comme s'il espérait m'impressionner avec son petit jeu ! »
- Oui, je crois aussi.
Il partit finalement. Je me retrouvais de nouveau seule. Je repris une cigarette. J'espérais qu'elle m'aide à oublier cet idiot.
- Et en plus tu fumes maintenant ?
L'idiot était resté derrière, il s'était juste un peu éloigné. Le con. J'ai sursauté comme une débutante et lui en semblait satisfait évidemment.
- Tu as un sérieux problème en ce moment on dirait...Grommelai-je, furieuse d'avoir été dupée par un imbécile comme lui. C'est une passion chez toi d'embêter les autres ?
- Non, en effet, c'est plutôt un besoin vital.
- C'est bien ce que je pensais...
Bref, il était vraiment énervant.
- Je parlais de toi, bien sûr. Lança-t-il avec un grand sourire.
Il repartit, cette fois pour de bon. Il riait, il était aux anges.
« Connard va ! Tant pis pour lui, cette année sera un enfer pour lui !

# Posté le mercredi 08 avril 2009 10:26

Chapitre 2 (1)

Chapitre 2 (1)
On était un mercredi et on commençait par l'espagnol cette année. Je connaissais le prof prévu. Il était as très drôle d'ailleurs, mais bon, je n'étais pas là pour lui de toute façon... Non, j'avais déjà ma cible, ma proie, ma victime. Il était là, devant moi, proche de moi, presque à ma merci. Il ne savait pas que j'étais derrière lui mais je supposais qu'il le devinait, j'étais nulle part ailleurs dans la salle.
Les filles, bien sûr, se tournaient vers lui, le regardaient, le contemplaient, mais pourquoi ? Il était beau mais était-il malin ? J'osais penser qu'il s'agissait d'une question bête de ma part car j'ai failli oublier que les adolescentes d'aujourd'hui, du moins certaines, comme ces drôles de bêtes que j'observais, n'étaient intéressées que par ça, le physique. Le futur était d'avance foutu. Il y avait même des jours où je me demandais pourquoi on essayait finalement de sauver la terre quand on voyait le nombre et le genre de personne, qui s'en rendaient pas forcément compte mais faisaient que finalement ça ne servait à rien. Mais je pensais qu'il était possible de résister. La bêtise humaine n'était pas officielle pour moi, on pouvait forcément lui survivre. Moi j'étais une survivante. Du moins je tentais d'en être une. Par exemple je venais en cours et j'écoutais. C'est de là qu'on apprenait à éviter les pièges de la bêtise. Après, c'était à toi de faire le reste. Le problème, c'était que certains lâchaient prise avant même la fin de l'apprentissage, la première erreur qui te faisait tomber dans le piège. Je me suis emballée, comme d'habitude. Alors, voilà, le prof s'est approché de moi et d'un coup s'est mis à taper sur ma table. Encore un con qui croyait que c'était en me faisant peur qu'on allait me faire intégrer à leur connerie...
- Alors, on ne suit pas ? Me fit-il avec son grand air de grand prof qui savait toujours tout sur tout, comme un roi régnant sur son petit peuple qui, si jamais ne le suivait pas, devait être puni. Moi, le petit peuple, j'essayais de m'en tirer sans trop de casse.
- Pourquoi faire ? J'ai des longueurs d'avance sur cette séance. Là, c'est du cours de sixième que vous donnez et moi je suis en terminale.
- Et bien, si tu t'ennuies tant que ça, tu n'as qu'a faire avancer le cours et participer !
Petit moment de silence. Dans ma tête ça sautait sur place, cherchait à se sauver et laisser l'interlocuteur entendre ce qu'il y avait à entendre. Dans ce cas là c'était plutôt : « Bonne idée, mais non, j'ai pas envie. »
- Si vous voulez...Répondis-je en me retenant de rire ou de lui renvoyer un truc auquel il ne saurait rien dire.
Ah oui ! Surtout ne jamais défier le prof avec ce que l'on savait et que lui ne savait pas forcément, il supporte rarement ce genre de truc. Il pourrait se sentir inutile et donc incapable de recevoir ce pourquoi il était là, ceci pouvant le rendre aussi agressif qu'un pit-bull. Ah ! Le pouvoir de l'argent... Bref, il retournait à son petit tableau et tentait de regagner l'attention de ses petits élèves qui pourtant dessinaient, discutaient ou, surtout les filles, s'accrochaient à mon bout de viande sur pattes. La classe était bien faite dites-donc !
Fin du cours, direction le prochain spectacle, le cours de mathématiques. Ce n'était pas ma tasse de thé mais bon, j'y allais quand même, histoire d'être présente. Et puis, j'avais mon petit projet à poursuivre, je n'allais quand même pas y renoncer si facilement, ça aurai été bien dommage. Donc j'arpentais les murs du cher lycée dans lequel j'étais jusqu'à la salle respective. J'avais dû marcher assez lentement car déjà tous les élèves de ma brave classe étaient postés devant la porte, prêts à bondir sur une place qui les éloignerait du prof et ainsi, peut être, aux questions pénibles que ce dernier pourrait poser. Et puis, il ne fallait pas laisser aux autres le plaisir de penser qu'ils étaient de vraies têtes d'ampoules pour se mettre aussi prêt du tableau... « Pff... Minable... »

# Posté le mercredi 08 avril 2009 10:44

Chapitre 2 (2/2)

Chapitre 2 (2/2)
Bien sûr, vieux réflexe, je me cherchais une place située plutôt entre eux et le prof, que je ne connaissais pas encore assez bien pour savoir si je devais m'en méfier ou juste le laisser parler de son cours. Une fille m'accorda la permission de m'installer à côté d'elle. Chose étonnante, elle m'a sourit au lieu de rire avec ceux de derrière. Une adolescente plus petite que les autres filles et moi, mais une jeune fille d'apparence agréable au regard cependant et sans doute inoffensive.
- Salut, toi. Me dit-elle. Je ne pense pas qu'on se connaisse.
- J'en suis même persuadée. Répondis-je. Moi c'est Gaëlle, et toi ?
- Amélie.
- Très bien, Amélie, apparemment on va passer cette heure ensemble.
- Ouais, avec de la chance on ne verra pas le temps passer...
- Sans doute... Mais il ne faut rien espérer du reste de la classe à mon avis. Riais-je en jetant un coup d'½il en arrière.
- C'est vrai, c'est carrément foutu d'avance pour certains. Ria-t-elle à son tour.
- Parce que déjà la première heure c'était bizarre...
- Surtout avec le prof, hein ? Se moqua-t-elle
- Ouais, mais lui c'est pas pareil, il fait pas exprès d'être chiant !
- Bah, de toute façon, j'aurais réagi de la même façon. Les cours commencent vraiment à m'emmerder... Je ne vois même plus l'intérêt de venir au lycée, mais au moins je ne suis pas à la maison...
En un instant, pour la première fois de ma vie, je m'étais sentie moins seule, presque entendue... Cette fille était un reflet de moi-même, comment ne pas l'apprécier ?
Lui parler me donna de la chaleur, rire avec elle me redonna goût à la vie, presque même l'envie de travailler en cours ou à la maison. L'heure passa vite. Moi et Amélie étions restées ensembles. On se comprenait, on se soutenait, c'était un lien unique, rare, on espérait que ça dure encore. En attendant, j'en avais oublié mon grand brun et cela ne me dérangeait pratiquement pas... C'était plutôt inattendu mais je m'en fichais. J'étais avec Amélie maintenant, le reste n'était plus du tout important.
Après une journée plutôt stable, je pris la route du retour. Le trajet me parut beaucoup plus court que d'habitude. Dans le car, j'entendais à peine le boucan que faisaient les élèves, fatigués et ravis de se retrouver vraiment pour enfin parler de la journée qu'ils ont chacun passé. Je percevais juste leur vie. Je les comparais à la mienne. Bien que tout nous différenciaient, nous étions sur un pied d'égalité.
Dehors il pleuvait et la brume s'étendit sur tout le paysage. Les voitures passèrent, mes envies aussi...

# Posté le mercredi 08 avril 2009 11:01

Chapitre 3 (1)

Chapitre 3 (1)
Le soir était froid, comme tous les soirs. La rue était froide, ma maison était froide, ma chambre était froide, et moi-même je devenais froide. Rien que l'entrée fut froide. Je poussais la porte, j'entrais dans le noir, dans le silence. J'appelais quand même, espérant une réponse. Bien sûr, que du silence, que du vide. Alors je montais. Et plus je montais, plus je m'enfonçais dans ce noir désolant, dans ce désert terrifiant. Mais je montais quand même et j'arrivais dans ma chambre. Ma petite chambre, ma douce chambre, je l'aimais, je l'aimais... Ma peluche, ma vieille peluche, je la serrais si fort, j'ai cru souvent que j'allais la déchirer. Mais elle fut plus forte que moi, plus résistante. Mes larmes, elles les supportaient. Mes colères, elles les acceptaient. Toute ma chambre était mon univers, mon monde personnel et rien ni personne n'aurait su le briser. Mais la partie la plus consolante se trouvait être mon bureau. Là où j'écrivais, là où j'oubliais tout par le travail.
Je sortis de mon sac mon paquet de cigarette puis mon briquet et je profitais du moment. La fumée pris sa place dans toute la pièce. Je ne voyais pas la différence avec le reste de la maison alors je ne voyais pas en quoi cela pouvait être gênant. Ouais ça me faisait mal à l'estomac ou à la tête, mais c'était toujours mieux que dans le c½ur. Là, c'était carrément noir, il n'y avait rien à voir de bon d'après moi. Mais bon, là encore je m'en foutais. C'était ma vie après tout. Je comprenais même pas pourquoi les parents pouvaient se mettre en larmes ou en colère lorsqu'ils découvraient que leur cher enfant se mettait à fumer. C'était leur vie, non ? Ils savaient ce qu'ils risquaient. C'était donc leur responsabilité. Cependant, si les parents l'aidaient à oublier ses problèmes quotidiens, peut être auraient-il moins envie de fumer. Mais je devais sans doute penser trop fort car mon père venait de surgir de nul part. Il était d'ailleurs entré si vite et si violemment, j'en eus peur pendant au moins une vingtaine de secondes.
- Arrête de fumer putain ! Tu crois que ta mère et moi on travaille pour que tu t'achètes ces saloperies ?
D'un geste vif il me prit la cigarette de la bouche et l'éteignit dans mon cendrier, apparemment très fâché. Pauvre homme.
- Eh ! Je te signale que je paye avec mon argent de poche !
- Qui vient de qui ?
- Pas de toi en tout cas.
Il se tut. Avait-il enfin compris qu'avec moi, c'était impossible de communiquer ? Moi je pouvais pas le faire avec lui, il le méritait pas. Je le haïssais. Il était bête, alcoolique, violent, je ne pouvais pas le supporter. Mais maman l'aimait. Comment faisait-elle ? Je ne savais pas. Mais je pouvais au moins dire qu'elle avait beaucoup de force et beaucoup de patience pour vouloir encore de lui malgré l'animal qu'il était.
- Allez, balance-moi ça, s'il te plait.
- Bah, justement ça ne me plait pas...
Il soupira puis quitta ma chambre. Alors que je me croyais débarrassée de lui, il revint aussi rapidement qu'il était venu.
- A cause de tes bêtises, j'ai failli oublier de te dire que ce soir je sortais avec ta mère au restaurant. Si tu as faim, il reste quelques truc au frigo donc tu n'auras qu'a y faire réchauffer. D'accord ?
- Ouais.Marmonnai-je. Maintenant je peux rester tranquille dans ma chambre ?
- Ouais.Marmonna-t-il.
Et il quitta la chambre. J'étais en un instant la fille la plus heureuse de la terre.

# Posté le mercredi 08 avril 2009 11:10